samedi 7 avril 2012

ECRITURE MAGIQUE : ABRACADABRA



Les papyrus et les écrits magiques de l’Antiquité témoignent d’un usage fréquent et rituel de l’écriture, où les mots et les lettres disposés en triangles, en rectangles, en cercle, en vertu de la nature géométrique et mathématique de toutes choses, sont réputés guérir, protéger ou envoûter efficacement, selon que les lettres soient retranchées ou ajoutées (dans le triangle) à un mot initial, multipliées (dans le rectangle ou le carré), ou encore disposées en palindrome.

ABRACADABRA

Ce mot est encore employé, de nos jours, par des initiés avant toute opération magique

Abracadabra est une formule magique populaire signifiant en araméen « il a créé comme il a parlé » (abra-ka-dabra).


Autre étymologie possible : du grec ancien αβραξας (abraxas), dieu intermédiaire dans le système gnostique de Basilide (mort en 130).
Le mot abraxas ayant la vertu d’attirer puissamment les influences de l’intelligence productive du monde, on fit graver sur des pierres qu’on nomma des abraxas, dont les cabinets d’Europe contiennent un nombre prodigieux.


La première apparition de ce mot d’Abracadabra semble dater du 2e siècle après J.-C. dans le De Medicina Praecepta de Quintus Serenus Sammonicus, médecin de l’empereur romain Caracala, qui prescrit à ceux souffrant de fièvres de porter une amulette sur laquelle est inscrit le mot Abracadabra sous la forme d’un cône inversé. Il explique que tandis que le mot se raccourcit, l’emprise du démon ou de l’esprit maléfique sur le patient diminue en proportion :

« Ecrivez sur un morceau de papier ABRACADABRA ; puis répétez ce mot autant de fois qu’il y a de lettres dans le mot, mais en retranchant chaque fois une lettre, de sorte que le tout ait la figure d’un cône. Cela fait, suspendez avec un fil de lin le morceau de papier au cou du malade. On prétend que la graisse de lion est aussi un bon spécifique. Le corail et le safran enveloppés dans une peau de chat ont une vertu non moins merveilleuse. Si vous jugez convenable de suspendre du corail au cou du malade, joignez-y avec confiance des émeraudes: ce talisman chassera infailliblement le feu mortel de la fièvre » (De Medicina Praecepta, LII).